Aller au contenu
Pour les candidats

Les métiers qu'on trouve partout en France sont ceux qui paient le Smic

Plus un métier se recrute dans un grand nombre de communes, moins il paie. Sur 81 métiers et 180 664 offres, la corrélation est nette et survit au contrôle du volume. Les 20 métiers les plus répandus plafonnent à 26 390 € ; aucun ne va plus haut. Pour 20 d'entre eux, le premier quartile est exactement le Smic.

#salaire #marché de l'emploi #territoires #étude #data

Il existe une promesse implicite dans la décentralisation du travail : on peut vivre où l'on veut et travailler quand même. Les offres d'emploi, prises en masse, la confirment — à condition de ne pas regarder le salaire.

Nous avons tiré le 5 octobre 2026 au matin les 110 métiers les plus diffusés de Konvenable Pulse — pool de 180 664 offres sur une fenêtre de 90 jours — et mesuré deux choses pour chacun : dans combien de communes il se recrute, et combien il paie.

Le résultat tient en une phrase : plus un métier se trouve partout, moins il paie. Et dans un sens seulement — être disponible partout plafonne le salaire, mais être concentré ne le garantit pas.

Les métiers disponibles partout paient-ils moins ?

Oui, et le lien est net. Nous classons chaque métier par sa concentration géographique : la part de ses offres captée par ses dix premières villes. Un métier à 4 % est éparpillé dans tout le pays ; un métier à 40 % se joue dans une poignée de villes.

Concentration (part des 10 premières villes)Médiane des salaires médiansMétiers dont le 1ᵉʳ quartile est au SmicMédiane la plus élevée du groupe
3,7 – 9,7 % (le plus dispersé)22 786 €50 %26 390 €
10,0 – 13,0 %24 966 €25 %45 000 €
13,1 – 18,4 %25 095 €10 %47 500 €
18,5 – 42,5 % (le plus concentré)35 000 €14 %75 000 €

81 métiers, répartis en quatre groupes de taille comparable. Salaire brut annuel médian affiché dans les offres. Konvenable Pulse, tirage du 5 octobre 2026 au matin.

La corrélation de rang entre les deux grandeurs est de +0,59, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de +0,43 à +0,72 sur 81 métiers. C'est une relation forte pour une donnée de marché du travail.

Mais la colonne la plus parlante est la dernière. Dans le groupe le plus dispersé, aucun métier ne dépasse 26 390 € de médiane. Pas un seul. Dans le groupe le plus concentré, les médianes montent à 75 000 €. Le plafond se déplace, pas seulement le centre.

Quels métiers se recrutent dans le plus de communes ?

Ceux du domicile et de la propreté, très loin devant.

MétierOffresCommunes distinctesPart des 10 1ʳᵉˢ villesMédiane affichéeN
Aide ménager / ménagère à domicile7 2763 8994,8 %22 632 €2 401
Auxiliaire de vie6 4052 9833,7 %22 659 €2 877
Aide à domicile1 8821 2226,3 %22 568 €1 303
Agent d'entretien-propreté de locaux1 5171 0036,0 %22 786 €1 086
Agent de fabrication polyvalent en industrie1 2077746,7 %22 404 €877
Opérateur de production1 1767704,9 %22 577 €364
Assistant de vie aux familles9776724,6 %22 572 €695
Menuisier / menuisière9515808,0 %24 229 €626

N = nombre d'offres du métier qui affichent un salaire, et donc base de calcul de la médiane. Pour l'agent de fabrication polyvalent, un seul employeur (Adecco) publie 31,5 % des offres du métier : le chiffre reste lisible, mais il est plus concentré que les autres. Konvenable Pulse, tirage du 5 octobre 2026 au matin.

Le chiffre à retenir est 3 899. L'aide ménagère se recrute dans près de quatre mille communes françaises, et sa première ville — Paris — n'en concentre que 1,5 %. À l'échelle des régions, l'Île-de-France n'est même pas première : 835 offres, derrière l'Auvergne-Rhône-Alpes (1 004) et la Nouvelle-Aquitaine (876).

C'est un marché authentiquement national, et il ne dépend pas d'un gros annonceur : le premier employeur du métier n'en publie que 12,7 % des offres. C'est aussi, à 22 632 € de médiane, un marché payé au voisinage immédiat du minimum légal.

À l'inverse, où se concentrent les métiers qui paient ?

Dans un petit nombre de villes, et d'abord à Paris.

MétierOffresCommunesPart des 10 1ʳᵉˢ villesMédiane nationaleN
Responsable développement / Business Developer34615842,5 %37 500 €106
Gestionnaire de copropriété37214337,4 %40 000 €137
Comptable général·e70626235,4 %37 500 €436
Juriste32314135,0 %36 000 €147
Auditeur·rice comptable46615929,0 %41 000 €285
Consultant·e en recrutement72033224,7 %51 000 €364

Konvenable Pulse, tirage du 5 octobre 2026 au matin. Sur le consultant en recrutement, le premier annonceur publiait 22,1 % des offres du métier à ce tirage — 17,9 % huit heures plus tard, soit sous notre seuil de divulgation de 20 %. Nous gardons la mention : sur un métier à 676 offres, une part d'annonceur de cet ordre se lit mieux affichée que tue.

Pour le comptable général, Paris pèse à lui seul 14,9 % des offres et l'Île-de-France 30,6 %, avec un médian parisien de 45 000 € sur 83 offres salariées. Pour le business developer, Paris concentre 18,5 % des offres — mais seulement 20 d'entre elles affichent un salaire, ce qui est trop peu pour publier un médian parisien : nous nous en tenons au national.

Et voici la nuance qui empêche d'en tirer un conseil simple : parmi ces 17 métiers concentrés, les médianes s'étalent de 22 647 € au plus bas à plus de 45 000 € au plus haut. Nous donnons la borne haute en ordre de grandeur, et non au millier près : elle repose sur un seul métier dont la médiane a bougé de 51 000 € à 45 000 € entre deux tirages du même 5 octobre, alors que les statistiques de groupe du tableau ci-dessus, elles, n'ont pas bougé. L'hôte ou hôtesse d'accueil est l'un des métiers les plus concentrés du corpus (34,8 % dans dix villes, 15,4 % à Paris) et reste à 25 100 € — sur ce métier, un seul annonceur, COM AND GO, publie 27,8 % des offres, et nous le nommons parce que au-delà de 20 % le chiffre cesse d'être un pur fait de marché. La concentration n'achète rien par elle-même.

Être partout prédit le plancher. Être concentré ne prédit rien en particulier. L'asymétrie est le vrai résultat de cette étude.

Le lien tient-il, ou n'est-ce qu'un effet de taille ?

L'objection évidente : les métiers à 7 000 offres sont mécaniquement présents dans plus de communes que ceux à 300 offres, et ce sont peut-être simplement des métiers moins payés. Nous l'avons testée.

  • Le volume d'offres, seul, est quasiment sans lien avec le salaire : corrélation de rang de −0,17.
  • À volume contrôlé, la relation entre concentration et salaire ne faiblit pas : elle reste à +0,59.
  • Découpé en trois groupes de volume comparable, le lien tient dans les trois : +0,48 pour les métiers de 303 à 460 offres, +0,63 de 466 à 720, +0,81 au-delà de 742.

Ce n'est donc pas la taille du métier qui parle. C'est bien sa géographie.

Pourquoi le plancher revient-il si souvent ?

Parce que, pour une partie du marché, le salaire affiché n'est pas un prix négocié : c'est le minimum légal recopié.

Le Smic en vigueur depuis le 1ᵉʳ juin 2026 est de 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € par mois et 22 404,24 € par an. Sur nos 81 métiers :

  • 20 ont un premier quartile exactement égal à 22 404 €. Le quart le moins payé de leurs offres n'est pas proche du minimum légal : il en est la valeur exacte.
  • 6 ont leur médiane elle-même au Smic, au centime près. Plus de la moitié des offres qui affichent un salaire y proposent le minimum. Ces six métiers sont tous des postes de production industrielle ou agroalimentaire : agent de fabrication polyvalent (1 207 offres), agent de production (742), agent de conditionnement (563), opérateur de production en montage-assemblage (431), agent de fabrication alimentaire (418), ouvrier de l'agroalimentaire (413).

Nous avions observé ce plancher sur un seul groupe de métiers — les postes d'accueil, dont la distribution salariale parisienne est identique à la distribution nationale. L'étude élargie montre que ce n'était pas une curiosité locale : c'est le régime de rémunération d'un quart des métiers les plus diffusés de France.

L'Insee documente la même compression par un autre chemin. Dans le privé en 2023, la distribution des salaires des employés est la plus resserrée de toutes les catégories socioprofessionnelles : premier quartile à 1 590 € nets mensuels, médiane 1 800 €, troisième quartile 2 140 €, soit un rapport interdécile de 1,8. Chez les cadres, ce rapport est de 3,1 et la médiane de 3 710 €. Les deux mesures ne se soustraient pas — l'Insee publie un net mensuel moyen en équivalent temps plein, nous publions un brut annuel affiché à métier constant — mais elles décrivent le même fait : en bas de l'échelle, il n'y a presque pas d'échelle.

Ce qui frappe en lisant les offres une à une, c'est leur interchangeabilité. Sur les métiers du domicile, les intitulés, les contrats et les montants se répètent d'une commune à l'autre sans variation lisible. Le salaire affiché n'y porte aucune information : il ne distingue ni l'employeur, ni le poste, ni le candidat.

Le même plancher se lit d'ailleurs par l'autre bout, en prenant les villes plutôt que les métiers : le quart le moins payé des offres se situe à moins de 10 % du Smic dans 27 des 30 plus grandes villes de France, alors que le plafond, lui, varie du simple au double d'une ville à l'autre. Les deux lectures se rejoignent sur le même mécanisme : ce sont les métiers présents partout qui posent le plancher, et ils le posent au même endroit partout.

Les métiers les plus difficiles à recruter paient-ils mieux ?

Non, et c'est le point le plus inconfortable de cette donnée.

France Travail place les aides à domicile et auxiliaires de vie parmi les métiers les plus difficiles à pourvoir du pays. Dans son enquête Besoins en main-d'œuvre 2026, menée d'octobre à décembre 2025 auprès de 416 588 établissements, ce groupe de métiers totalise 69 500 projets de recrutement, en hausse de 13,3 % sur un an — l'une des rares progressions fortes de l'année — avec 62,3 % de projets jugés difficiles, contre 43,8 % tous métiers confondus.

Côté offres publiées, nos cinq métiers du domicile qui passent les seuils de cette étude représentent 17 297 offres, dont 7 808 affichent un salaire. Leurs médianes vont de 22 568 € à 23 633 €, et le premier quartile est exactement le Smic pour quatre des cinq.

Une pénurie durable devrait faire monter les prix. Ici, la demande croît, la difficulté de recrutement dépasse de dix-huit points la moyenne nationale, et le salaire affiché ne quitte pas le plancher légal. Les deux chiffres ne se comparent pas directement — un projet de recrutement déclaré pour l'année n'est pas une offre publiée sur 90 jours — mais ils pointent dans la même direction : sur ces métiers, la rareté des candidats ne se transmet pas au salaire annoncé.

Que faire de ce constat ?

Trois lectures, selon le côté de la table.

  • Si vous cherchez un emploi près de chez vous : l'offre existe, et elle est abondante — les 20 métiers les plus dispersés pèsent 30 385 offres contre 9 099 pour les 17 plus concentrés. Mais sur ces métiers, négocier le salaire affiché a peu de prise : c'est un prix de marché aligné sur le minimum légal. Le levier se trouve ailleurs — contrat, volume d'heures, frais de déplacement, formation financée. Les offres ouvertes et les pages métier donnent le repère exact de votre segment.
  • Si vous envisagez de bouger pour gagner plus : vérifiez le métier avant la ville. Notre donnée ne dit pas que déménager paie ; elle dit que les métiers qui paient sont concentrés. Sur un poste d'accueil, changer de ville ne change rien à la distribution.
  • Si vous recrutez sur un métier en tension : afficher le Smic sur un poste que 62 % de vos confrères n'arrivent pas à pourvoir est une décision, pas une contrainte de marché. C'est aussi la raison pour laquelle les candidatures se ressemblent : quand le prix est identique partout, il ne sélectionne plus.

Nous publions Konvenable Pulse en accès libre, avec le nombre d'offres derrière chaque médiane, pour que les deux côtés de la table négocient sur les mêmes chiffres. Et quand le salaire affiché ne distingue plus personne, l'évaluation doit porter sur autre chose que le document : c'est pourquoi nous mesurons le premier contact plutôt que le CV.

Méthode et limites

Nous préférons publier la méthode que le chiffre le plus spectaculaire.

Source. Konvenable Pulse agrège les offres d'emploi diffusées en France : celles des agrégateurs publics — France Travail à ce jour — et celles publiées directement par les organisations sur Konvenable. Données tirées le 5 octobre 2026 au matin sur une fenêtre glissante de 90 jours ; pool total 180 664 offres à ce tirage. Nous datons le tirage à la demi-journée, et pas seulement au jour : voir la cinquième limite. Le salaire retenu est celui affiché dans l'offre (milieu de la fourchette annoncée), jamais une rémunération déclarée après coup.

Périmètre. Nous avons tiré les 110 métiers les plus diffusés du corpus. 108 disposent d'un agrégat de salaire publiable ; 81 passent les quatre seuils ci-dessous.

Quatre seuils, appliqués avant lecture.

  1. Au moins 25 % des offres du métier affichent un salaire. Une médiane calculée sur une petite minorité d'offres n'est pas la médiane du marché, mais celle de la minorité qui a choisi de publier — nous l'avons montré ailleurs. Ce seuil écarte 16 métiers, dont l'ensemble de l'immobilier (rémunération à la commission : 9 à 17 % d'offres avec salaire) et l'ensemble des cours particuliers (8 à 21 %).
  2. Premier quartile national au moins égal au Smic annuel brut (22 404,24 €). Un quartile inférieur au plancher légal signale une base mêlant temps partiels et rémunérations variables, où le médian n'est plus comparable. Quatre métiers écartés à ce titre, dont secrétaire médical·e (premier quartile à 15 372 €).
  3. Au moins 100 offres affichant un salaire. Deux métiers écartés.
  4. Aucun employeur ne publie plus de la moitié des offres du métier. Quand un seul annonceur domine, l'agrégat ne mesure plus un marché mais sa politique d'annonce. Cinq métiers écartés — et ce filtre a retiré le chiffre le plus frappant de notre première version : un métier d'enquêteur terrain dont la médiane atteignait 28 010 € tout en étant très dispersé, et dont 83,2 % des offres venaient d'un seul employeur. Quand la part du premier annonceur se situe entre 20 et 50 %, nous conservons le métier mais l'indiquons dans le texte. Ce filtre a une faiblesse connue, que nous préférons écrire : il compte des annonceurs tels qu'ils se déclarent, c'est-à-dire des entités juridiques, pas des groupes. Sur l'agent de fabrication polyvalent, « ADECCO » et « ADECCO FRANCE » apparaissent séparément à 31,4 % et 12,2 % des offres ; si l'on additionne, le premier annonceur en porte 43,6 %, et non 31,4 %. Le métier reste sous le seuil d'exclusion de 50 %, donc la conclusion ne change pas ici — mais le filtre sous-estime structurellement la concentration, et nous ne l'avons pas corrigé dans cette étude.

Cinq limites assumées.

  1. Le salaire affiché n'est pas le salaire versé : il ignore le variable et les avantages.
  2. Nous mesurons la dispersion des offres publiées, pas celle de l'emploi. Les grands réseaux du domicile publient commune par commune, ce qui disperse mécaniquement leurs annonces. Le contrôle par le volume et le seuil de concentration répondent en partie à cette objection, pas entièrement.
  3. Un instantané de 90 jours n'est pas une série longue : nous ne décrivons ni tendance ni évolution.
  4. Les comparaisons avec l'Insee et France Travail sont structurelles, jamais arithmétiques : populations, mesures et dates diffèrent.
  5. Un chiffre de métier isolé bouge dans la journée ; les statistiques de groupe, non. Nous avons re-tiré le même corpus huit heures après celui de cet article : le pool perd 2,4 %, et la médiane du consultant en recrutement passe de 51 000 € à 45 000 €, sur 676 offres dont 325 affichent un salaire. Les quatre groupes de concentration du premier tableau, eux, n'ont pas bougé. C'est la raison pour laquelle nous appuyons la thèse sur des agrégats de groupe et sur une corrélation à 81 métiers, et pourquoi nous donnons les médianes d'un métier unique en ordre de grandeur. C'est aussi pourquoi notre seuil de divulgation d'annonceur se lit comme un ordre de grandeur et non comme une frontière au dixième de point.

Sources

À lire aussi : Changer de ville ne change pas le plancher des salaires, seulement le plafond — la même mesure prise par les villes plutôt que par les métiers · La prime parisienne n'existe pas pour tout le monde · Les offres qui affichent un salaire sont celles qui paient le moins · Technico-commercial, le métier qui recrute le plus · Où sont les offres de chargé de recrutement

Trouvez le poste qui vous correspond — évalué en 15 minutes.

Konvenable agrège les offres fraîches et mesure votre fit, rôle par rôle.

Voir les offres →
Konvenable
L’équipe Konvenable — données marché et recrutement.
Lire aussi · sur le même thème
Konvenable

L’intelligence du marché de l’emploi français, pour les candidats et les recruteurs.

Données synchronisées en continu

Pour les candidats

OffresPulseEntreprisesOutils

Pour les recruteurs

Catégories populaires

Développeur · Paris

© 2026 Konvenable. Tous droits réservés.

Terms of ServicePolitique de confidentialitéMentions légales